Ma confiture de bananes (lire épisode précédent)est un vrai désastre, je crois que j’aurais dû prendre ne compte le fait qu’ici les bananes sont déjà sucrées…
Retour à Vadravadra:
Le jour de Noël il y a eu des messes presque nonstop avec de magnifiques chants des chorales (une par clan), entre deux messes, Paul -(surnommé Rasta Santa pour l’occasion) a distribué les quelques jouets qu’on avait ramenés de Suva (principalement des pistolets à eau) aux enfants du village, ils étaient tellement impressionnés qu’ils n’osaient pas ouvrir les cadeaux, je ne crois pas qu’il reste un seul jouet non cassé à ce jour mais ils en ont fait bon usage.
Une des traditions du Nouvel An est de se mettre à plusieurs pour arroser ou plutôt tremper une personne, j’y ai échappé car je suis restée clouée au lit tout le 31 et le premier à cause de douloureuses crampes d’estomac probablement dues à l’eau non traitée.
Je pense à d’autres délicieuses choses que j’ai découvertes là bas: les bushapples ( qui ressemblent à des pommes mais rose et blanches et biscornues) les mangues de l’île sont 100 fois meilleures que celles de Suva: à la chair orange vif et beaucoup plus juteuses, j’en ai fait une indigestion, des pastèques si grosses qu’il faut être deux pour les porter et j’en oublie.
On a assisté à plusieurs cérémonies appelées Kau ni matanigone qui est célébrée lorsque l’aîné(e) d’une famille vient pour la première fois au village, les familles concernées doivent amener du kérosène et des mètres de tissu, les enfants portent un bout de tapa (tissu fait de résine d’arbre avec des motifs) plus ou moins grand selon les moyens des parents enroulé autour de leur taille. Les chefs de famille font de longs discours en tenant un tabua (dent de baleine) dans les mains puis les enfants doivent les embrasser.
J’aurais bien aimé comprendre ce qui se disait mais mon fidjien reste basique. J’ai appris beaucoup d’expressions grâce aux enfants parce qu’ils nous parlaient toujours en fidjien, certains ne parlant presque pas anglais. Je sais donc dire “kua” pour “arrête” (de me tirer les cheveux, de grimper sur mon dos), “kerekere” équivalent de “s’il te plaît” (ils ont toujours quelque chose à demander), “taba” pour “photo”, “o lasu mai?” pour “tu viens d’où?” et l’autre question qui va de paire”o lako i vei?” pour “tu vas où?”, les deux questions qu’on pose pour dire quelque chose comme les Français parlent du temps.
On a été traités comme prince et princesse, tout le monde faisait tout pour nous et nous donnait toujours le meilleur de ce qu’il avait (la tête des poissons-que je n’ai jamais pu mangée- ou les fruits les plus gros et les plus mûrs, ça je n’ai pas pu refuser). Ce n’est qu’au bout d’une semaine qu’on a réussi à participer à quelques tâches comme faire la lessive (je n’aurai jamais cru que ce serait si physique), chercher du bois pour le four à pain, pêcher (au filet)…
L’eau était super chaude mais on ne pouvait s’y baigner qu’à marée haute, il n’y avait pas autant de poissons qu’à Beqa mais j’ai vu des tonnes de poissons perroquets et des oursins.
Quand il y avait une coupure d’eau on allait se laver et laver les vêtement dans Vunidrala: une rivière d’eau fraîche aménagée de petits bassins.
Pour ce qui est de l’électricité (désolé les idées me viennent sans ordre apparent) le générateur fonctionne de 18 heures à environ minuit sauf la veille du jour de l’an où on a eu de l’électricité jusqu’à 3 heures du matin…
Les parents de Paul (que je vais rencontrer pour la première fois) arrivent dans une heure, je continuerai plus tard.
mardi 10 janvier 2006
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