Je vais commencer par les 3 points négatifs pour mieux parler des bons moments qu’on a passés dans le village de Vadravadra sur l'île de Gau (à essayer de prononcer ngau avec un son nasal).
1.le bateau pour rentrer à Suva a eu 5 (!!!) jours de retard,
2.je me suis fait voler tout mon argent,
3.Paul s’est fait voler son appareil photo avec toutes mes photos dedans (250), il ne nous reste donc que les quelques photos de Paul - qui étaient dans mon appareil.
C’est ce dernier vol qui m’a le plus fait de peine parce qu’on avait prévu d’envoyer la copie papier de tous les portraits que j’avais pris aux gens du village.
A part ça donc, on a passé 15 jours dans un magnifique petit village (jusqu’à 250 habitants pendant les vacances d’été-Noël) au sud est de l’île de Gau.
Vadravadra est au bord de la plus longue plage (de sable blanc) de l’île et a la particularité d’être exposé à une forte brise perpétuelle, un vrai petit paradis.
On a logé dans la plus belle et grande maison du clan qui nous a accueillis (il y a 3 clans dans le village). Cette maison a une grande véranda à 5 mètres de la plage et sur laquelle il y a toujours au moins 5 Fidjiens qui font la sieste, une des activités principales du village.
C’est la maison où habite Bubu (grand-mère en fidjien) Mere, la plus ancienne du clan : 86 ans, 12 enfants, 67 petits-enfants et un nombre total inconnu d’arrières-petits-enfants.
Elle ne parle pas anglais mais c’est une des personnes avec qui on a le plus discuté ou du moins tenté de communiquer, elle a un humour incroyable et une force surprenante pour son âge (elle a dansé plusieurs fois pour nous). Elle nous appelait les anges de Noël et a versé quelques larmes le jour de notre départ.
On a dormi dans la pièce principale (salon-cuisine) dans deux lits séparés de 4 mètres avec minimum 5 autres membres de la famille répartis sur le divan, les fauteuils, des matelas ou plus souvent sur le sol. En fait on a dû faire abstraction de la notion d’intimité pendant ces 15 jours dans la maison comme dans le village, ayant toujours un enfant voulant jouer avec nous ou toucher nos cheveux.
Pour mon plus grand bonheur, une petite boulangerie (disons un four à pain) était annexée à la maison, non, ils ne faisaient pas de baguettes mais j’ai adoré les goûters improvisés composés de pain tout juste sorti du four avec un thé au citron fait maison.
Chaque clan a une hutte pour prendre tous les repas, deux bouts de tissu coloré par terre, un pour les hommes et un pour les enfants (les femmes mangeant entre le service et la vaisselle...) parfois des couverts, une petite prière et la dégustation peut commencer.
Le petit déjeuner se compose généralement de riz cuit au lait de coco que certains arrosent de thé fortement sucré remplaçant ainsi notre bol de céréales, le déjeuner et le dîner se composent invariablement du poisson pêché quelques heures auparavant en soupe ou bouilli, très fréquemment du crabe (le temps passé à les décortiquer en vaut le coup) le tout toujours accompagné de taro et/ou de manioc (les pommes de terre locales) mais les jours de fêtes on a eu droit à des beignets avec de la confiture de papayes le matin, du porc en chop suey ou au curry, des feuilles de taro dans du lait de coco et du jus de papayes, une chose est sure : je n’ai jamais eu faim à Vadravadra.
On a aussi fait plusieurs barbecues à l’ancienne comme ils disent : pêche (au filet pour les femmes, à la lance pour les hommes pendant que le manioc et le taro cuisent dans le lovo (dans des feuilles de noix de coco enterrées dans un trou avec des pierres chaudes) et grillades de la récolte sur le lovo, si on a soif il y a toujours une jeune noix de coco pas loin. On utilise aussi une demie noix de coco remplie de jus de citron et de quelques piments pour y tremper le poisson, miam. Un jour on a fait un de ces barbecues sur Yaciwa, une minuscule île déserte à 15 minutes en bateau du village et ce jour là les femmes ont pêché des espèces de moules qui vivent dans ces coquillages qu’on appelle grains de café, elles ne payent pas de mine mais se laissent manger.
J’arrête ici le récit pour mieux le reprendre demain: ma confiture de bananes est en train de brûler…
lundi 9 janvier 2006
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