Évènements majeurs de la semaine dernière:
Stress intense lié à la venue des examens de milieu d’année: on m’avait demandé de rendre les brouillons (c’est une secrétaire qui tape tous les examens) de mes 4 niveaux pour la semaine suivante alors j’ai passé pas mal de soirées dessus mais j’ai dû demander un délai supplémentaire et j’ai droit à 4 semaines de plus à condition de tout taper moi-même, ça me va.
J’ai eu droit à un petit tête à tête avec ma chef de département: "ma tenue vestimentaire est à revoir": interdiction de porter des T-shirts et mes hauts ne doivent pas laisser entrevoir le moindre centimètre de chair. J’exagère à peine, le problème c’est qu’ici le mauvais goût britannique est resté et qu’il est presque impossible de trouver des vêtements qui ne ressemblent pas à des rideaux. Bon là, j’exagère, mais je ne suis pas la première à le dire.
Lundi Anju m’annonce qu’elle veut vivre seule. Rien à voir avec moi selon elle, c’est juste qu’elle a habité 10 ans seule et qu’une semaine de collocation lui a suffit pour comprendre que ce n’est décidément pas son truc. Je suis évidemment dégoutée parce que je dois à nouveau chercher un logement mais bon, au moins Anju me laisse 2 mois pour trouver quelque chose.
Mercredi Rebecca m’annonce qu’Isaia, son fiancé, sera de garde le weekend et que la tradition lui interdit de mettre les pieds sur Nacula, l’île d’Isaia, sans lui avant le mariage, première chose d’annulée.
Le lendemain elle m’annonce que son plan B (passer le samedi sur une île dont la resort (station balnéaire mot à mot) appartient à un cousin de son fiancé) tombe à l’eau parce que le cousin ne sera pas là.
Bref on part quand même pour l’ouest vendredi sans rien de prévu, de toute façon, ils annoncent mauvais temps partout, autant partir de Suva.
On s’arrête au marché pour acheter tous les fruits que Rebecca veut me faire goûter (elle s’est donnée une mission: me faire goûter toute la nourriture locale) puis on prend un mini bus pour aller plus vite… Je confirme la légende comme quoi il est dangereux de prendre un mini bus à Fidji: ils ne doublent pas ils font des queues de poissons et ce même sous la pluie battante. Petit détail, ici seuls les chauffeurs portent des ceintures mais ayant été prévenue je me suis mise à l’avant où j’ai pu mettre l’unique ceinture pour passager et je me suis retrouvée avec une énorme trace noire et poisseuse sur mon T-shirt (blanc bien sûr) car j’étais la toute première personne à mettre cette ceinture recouverte de poussière(!)
On a donc longé la côte sud de Viti Levu (l’île principale où est Suva) dont une partie est appelée la Coral Coast mais dont je n’ai rien pu voir à cause du mauvais temps. J’ai juste aperçu des cochons des vaches, des chèvres et des chevaux surgissant sur la route.
Dès qu’on arrive vers Sigatoka (sud ouest de Viti Levu) je sens la différence de température, il fait vraiment plus lourd. On arrive à Ba (ville de Rebecca, au nord ouest de Viti Levu) tard mais, à ma grande surprise, saines et sauves.
Samedi matin on part pour Lautoka (un peu plus au sud). C’est sur ce trajet que je découvre la multitude de champs de cannes à sucre. On passe la journée de samedi dans cette ville , qui est aussi un port d’où partent de nombreux bateaux pour les îles de l’ouest. Il pleut toute la journée.
Ici, et dans tout l’ouest selon Rebecca, il y a beaucoup moins de tensions entre les Indo-Fidjiens et les Fidjiens, les intermarriages sont fréquents, il y a aussi beaucoup moins de blancs qu’à Suva.
Le soir j’apprends à préparer le Vasoso, ce dessert fait de vudi (bannes plantains) macérées dans le lait de coco. Maintenant je sais comment briser une noix de coco, reste à trouver la massue adéquate.
Rebecca a voulu que je passe un dimanche 100 % fidjien, alors le matin on est allé à la messe. On était 10 au maximum en comptant les nombreux membres de la famille du pasteur. Un pasteur qui chante et joue de la guitare, raconte des anecdotes marrantes ponctuées d’halleluias et d’amens et qui, à la fin de la messe, me parle de la coupe de rugby à sept que les Français ont gagné.
Puis Rebecca se lance dans la longue confection du repas: premier plat: ota (sorte de fougère) avec lolo (lait de coco bouilli), thon et kassava (sorte de pomme de terre), j’adore; deuxième plat: poulet sucré, salé et pimenté, je n’aurais pas du faire ma maligne et manger moins de sauce: je n’ai jamais autant pleuré et mon œil gauche en pleure encore.
C’est évidement le jour du départ que le soleil est apparu. j’en ai profité pour prendre en photo toutes les bizarreries locales. Puis on a pris un bus normal pour la vue et je dois dire que la Coral Coast est vraiment jolie, j’ai hâte de pouvoir y faire du surf ou juste du tuba; peut-être pendant les examens, il n’y aurait pas cours si j’ai bien compris.
Au fait Vaness, t’avais raison: il n’y a qu’une seule chaîne (Fidji One), il n’y a pratiquement que des séries et beaucoup de pubs tournées localement : super kitsh !
mercredi 15 juin 2005
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