La cérémonie d’accueil des correspondants néo-calédoniens a été typiquement fidjienne: elle a commencé en retard (j’étais la seule à stresser) puis chaque élève fidjien a “enguirlandé” son/sa correspondant(e) avec un très beau collier de feuilles et de fleurs, puis il y a eu moult discours des deux côtés autour du yaqona (kava), les néo-calédoniens ont fait leur geste coutumier en offrant à l’école des nattes, du tissu, de la monnaie et autres objets symboliques puis il y a évidemment eu à manger, un afternoon tea pour un régiment.
Le lendemain, après leur première nuit dans leur famille d’accueil, les correspondants ont passé la journée à l’école, ils ont été quelques peu surpris du chaos alors régnant dans l’établissement. Un tiers seulement des élèves était présent et s’occupait entre les répétitions pour Tadra Kahani, la répétition de la chorale, des matches de sports improvisés ou tout simplement traîner dans les salles de cours, celle de français étant populaire car équipée d’un poste de radio.
Le lendemain ils ont visité le musée et les jardins botaniques sous des pluies diluviennes. Leur dernière visite du jeudi, toujours sous la pluie, a été celle de l’ambassade. Monsieur l’Ambassadeur leur a expliqué les fonctions d’une ambassade et ils ont adoré les anecdotes de faux papiers. Le soir on les a emmenés voir Tadra Kahani et ils ont bien sûr hurlé pour encourager Suva Grammar.
Vendredi soir était prévu depuis deux mois la cérémonie d’adieu, on avait décidé de laisser les parents des familles d’accueil l’organiser à leur manière. J’ai commencé à avoir des sueurs froides au bout d’une heure et demie d’attente sans aucun signe des parents mais je me suis rendue compte que tout avait été très bien organisé, les tâches parfaitement réparties. Toujours autour d’un tanoa rempli de yaqona, les discours et les échanges de cadeaux étaient émouvants. les parents d’élèves ont offert un chouette tanoa gravé au nom du Collège de Canala et ils ont chanté la traditionnelle chanson fidjienne d’adieu “isa isa lei”. Le buffet auquel chaque parent a participé était simplement gargantuesque.
Mais finalement ce qui compte le plus c’est que les élèves ont vécu une expérience qu’ils n’oublieront jamais. En les regardant essayer de communiquer et de partager des choses dans une autre langue, je me suis dit pour la première fois que mon travail ici n’était pas complètement artificiel. Ça fait du bien.
Je suis du coup encore plus motivée pour faire partir un groupe d’élèves fidjiens en Nouvelle-Calédonie l’année prochaine, un voyage qui s’est fait tous les deux ans depuis 10 ans avec l’aide financière de l’ambassade, mais cette fois-ci je voudrais en emmener 12, il va falloir faire quelques tombolas et autres activités pour collecter des fonds…
Je pars jeudi pour 10 jours en Australie (Newcastle-Warialda) puis Paul devrait atterrir le 11 septembre à Suva.
mardi 22 août 2006
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