Le mois d’avril aux Fidji ressemble un peu au mois de mai en France: les jours fériés fleurissent. Lundi, il y a deux semaines, était célébré l’anniversaire du prophète Mohammed. Je crois avoir passé tout mon temps entre la piscine chez Charlotte B. et mon nouvel ordinateur. Huit mois après le vol de mon ordinateur portable dans un magasin, le propriétaire a profité de son passage en Nouvelle-Calédonie pour enfin m’en acheter un neuf avec un clavier français. Cette longue attente valait le coup: celui-ci vaut probablement deux fois l’ancien (sans vouloir t’offenser, big brother ;) ).
Et ce weekend était le long weekend de Pâques, Charlotte B. et moi avons donc décollé pour Levuka sur l’île d’Ovalau le matin de Vendredi Saint. Nous avons rempli un minuscule coucou avec seulement 5 autres passagers, la vue était magnifique. On a reconnu les îles de Leluvia et de Caqalai sur laquelle nous avions déjà passé un weekend.
Ovalau nous a accueillies avec un immense arc-en-ciel.
On s’est installées à Levuka au Royal Hotel qui doit son nom à la Reine d’Angleterre qui y a séjourné pendant sa première visite aux Fidji.Le décor, très colonial, de cet hôtel n’a pas dû beaucoup changer depuis son ouverture.
Cette fois-ci on a eu une chambre avec vue sur la mer. La dernière fois que j’étais venue (avec Anne) nous avions vue sur le stade de rugby, un autre spectacle…
Parfois l’histoire se répète et le tour jusqu’au village de Lovoni (au milieu d’un cratère) a cette fois-ci aussi été annulé, la raison étant non plus sportive (un match de rugby avait rendue la ville morte la dernière fois) mais religieuse.
On a donc loué des vélos samedi pour partir à la recherche d’une tombe gothique où reposent les deux premiers évêques roman catholiques des Fidjis.
Même si le soleil tapait fort, notre relative vitesse nous rafraîchissait et la vision de cette tombe au milieu du bush vaut bien tous ces coups de pédales.
J’ai passé le reste de la journée à bénir la biafine de Charlotte B. car ma crème solaire s’est avérée périmée et donc d’une inefficacité remarquable.
Dimanche, après une certaine errance, nous avons grimpé Gun Rock, un rocher dont la façade porte les cicatrices de boulets de canons tirés par des commodores américains ayant l’intention d’effrayer les chefs fidjiens.
Notre guide, Harry, nous a menées au sommet pour découvrir la vue sur côte sud de l’île bordée d’une mer de bleus incroyables déclinant au gré des récifs coraliens. Magnifique. J’ai même aperçu l’île de Gau où j’ai passé les fêtes de Noël.
L’après-midi, Le (prononcer Lé), qui travaille à l’hôtel, m’a emmenée voir "sa" cascade dans son “settlement“, un ensemble d’habitations sur des terres libres (la très grande majorité des terres des Fidji n’est pas achetable, les clans les transmettent ou les louent). C’est très différent d’un village puisqu’il n’y a ni chef, ni clans, ni règles ancestrales à respecter.
Le vent a commencé à souffler lundi matin et la tempête a commencé après midi. Des pluies torrentielles, un ciel d’un gris impénétrable et des vagues de plus en plus violentes. Finalement, le moment le plus impressionnant a été quand tout s’est arrêté d’un coup: le balancement des palmiers et le bruit infernal de la pluie, j’aime à croire Charlotte B. qui pense qu’on s’est retrouvées, quelques minutes, dans l’œil de la tempête. Notre vol a bien sûr été annulé et reporté au lendemain matin.
On a donc débarquées ce matin à Suva presqu’à l’heure pour le travail.
Heureusement j’avais envoyé un message à Paulini qui m’a remplacée pour mon heure de surveillance des examens de fin de trimestre. En revanche j’ai paniqué en découvrant les copies des examens : plusieurs pages manquaient à quelques heures seulement des épreuves. Mais, comme toujours aux Fidji, les choses se sont arrangées à la dernière minute et j’ai pu tout agrafer avant le début des épreuves.
mardi 18 avril 2006
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