lundi 25 juillet 2005

Coincées dans le bush chez Bobo

Ma semaine n’avait pas très bien commencé quand j’ai appris que des rats avaient dévoré la rallonge de mon ordinateur à l’école mais je me remontais le moral en pensant au weekend de prévu sur l’île d’Ovalau, au centre géographique des îles Fidji.

On (Anne et moi) a atterri vendredi soir pour aller directement à Levuka. Levuka a été la première capitale des Fidji (jusqu’en 1870 et des poussières, donnée à vérifier). La ville en soi n’a rien de grandiose avec son unique rue commerçante et la forte odeur de poisson qui y flotte (c’est là où des milliers de tonnes de thon sont mises en boîtes chaque année) mais c’est la base de départ pour aller à Lovuni, un village au centre d’un cratère au milieu d’Ovalau.
On a choisi le Royal Hotel, le plus vieil hôtel du pays qui devait bien porter son nom a l’époque mais qui n’est pas des plus royaux aujourd’hui.
En se promenant dans la ville on comprend vite que samedi va être un grand jour pour Ovalau: l’équipe locale de rugby affronte une équipe de Viti Levu (l’ile principale), on nous prévient aussi qu’il y a de grandes chances que la visite guidée de Lovoni soit annulée à cause du match. On essaye alors d’entrer en contact avec Bobo dont la ferme (fonctionnant 100% à l’énergie naturelle et en plein milieu du bush) est vivement recommandée par le Lonely Planet et tous les expats qui y sont allés. On nous dit que Bobo sera là pour le match, forcément.

Le lendemain matin on rencontre le guide pour Lovoni qui nous fait comprendre qu’il a prévu d’aller au match et qu’il est plus ou moins impossible d’aller au village sans lui…
On rencontre enfin Bobo et sa femme allemande Karen ainsi qu’Adam, un volontaire américain, informaticien qui travaille dans le Pacifique et qui lui aussi voudrait passer la nuit dans la ferme. Bobo veut bien nous emmener mais après le match.
On se retrouve donc tous les trois dans les rues désertes de Levuka où tout est fermé. On ne peut que se promener le long de la mer et traverser les quelques villages eux aussi désertés pour cause de match.
Le match se finit enfin: l’équipe locale a perdu mais elle s’est bien battue alors tout le monde est content.

La route jusqu’a Rukuruku est assez périlleuse mais offre de jolies vues sur le bush, Mystery Island et les petites montagnes locales.

La ferme de Bobo est un petit paradis sur terre: une jolie maison entourée d’un jardin avec moult plantes et arbres tropicaux (maintenant je sais comment poussent les ananas et la vanille) au bord d’une rivière pleine de crevettes. Nous avons bien sûr eu droit à une longue dégustation de kava où il a beaucoup été question de politique (un projet de loi très discutable divise le pays, je peux développer pour ceux qui sont intéressés).

La tempête a commencé pendant la nuit de samedi et ne s’est arrêtée que dimanche soir. Notre vol a été annulé et c’est dans des moments pareils que le paradis se serait transformé en enfer si Bobo et Karen n’étaient pas là pour réparer l’éolienne qui s’est envolée ou aller vérifier si le pont a débordé en pleine nuit avec une machette à la main pour déblayer les arbres déracinés. Et Bobo est aussi là pour nous apprendre à jouer au carom, sorte de billard avec les doigts dont je suis devenue fan; il nous a même emmenés pour une ballade dans le bush jusqu’à la plage de sable noir. Le but était de marcher en regardant en l’air pour éviter d’être assommée par une noix de coco (il y avait un vent dément). Il nous a expliqué et montré moult choses sur le bush, j’ai notamment appris que la cannelle était un arbre.
La soirée s’est finie autour d’une partie de carom à la lanterne.
On a dû se lever à 6:00 pour être sures d’avoir le premier vol. Je suis arrivée à l’école à 11:00 lundi matin gênée d’être en retard mais les autres profs étaient en fait surpris de me voir si tôt ici, il savaient que j’étais sur une île pour le weekend et la tempête a touché tout le pays.

J’ai décidé de consacrer tous mes cours de cette semaine à la préparation de “la semaine des langues” : je leur fait faire des posters avec des thèmes comme les châteaux en France, le vin en France, le rugby en France etc, et je les entraine pour chanter le lion est mort ce soir (le symbole de l’école est un lion), heureusement qu’une prof de musique s’est proposée pour m’aider...

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